13 juin 2017
Delphine Pichard

Un métier d'avenir ?

Avide d'informations, et éventuellement de coups de pouce pour le développement de mon entreprise, j'ai participé à de multiples conférences au salon Connec'Sud, en particulier pour toutes les solutions qui touchent aux ressources humaines... Evidemment !

Il a beaucoup été question de bien-être au travail, ou de qualité de vie en entreprise, c'est comme on veut, ça veut dire la même chose :-/

Dans cet article, j'ai tenu à m'arrêter sur la notion de CHO, comprenez "Chief Happiness Officer", c'est à dire si on traduit en français : "Directeur Général du Bonheur" ; ça en jette non ?!

Mais qu'est ce que c'est ?

A l’origine, le concept a été créé par Chade-Meng Tan, un ingénieur américain, 107e salarié embauché par Google qui a changé de métier pour se concentrer sur le développement des personnes et leur bien-être. Il invente donc la fonction de « Jolly Good Fellow » (super bon camarade) et devient le premier M. Bonheur (aujourd’hui milliardaire et enseignant la méditation).

D'un point de vue "Fiche métier", le Chief Happiness Officer a pour objectif de créer des conditions dans lesquelles les salariés vont trouver du bien-être, mieux encore : du bonheur.

Derrière ce titre quelque peu provocant, émerge un constat implacable : le bien-être est un des premiers facteurs de la performance individuelle et collective.

De nombreuses études (Harvard, MIT…) pointent la corrélation positive entre le plaisir au travail et la performance. Des chiffres impressionnants circulent montrant que :

un salarié heureux est 2 x moins malade, 6 x moins absent, ou encore 9 x plus loyal.

Les grandes entreprises internationales, dans leur quête de RH au sens littéral du terme et de communication interne optimisée, ont vite vu dans cette nouvelle fonction une clé efficace pour répondre aux problématiques de management, de motivation et d’engagement des salariés, de santé au travail, de marque employeur (recruter des talents, limiter le turn-over…) et, in fine bien sûr, de productivité.

Et alors, qu'est ce que ça donne ?

Les missions du CHO ont complexes et nécessitent temps et investissements. Élaborer et mettre en oeuvre une culture de travail positive, améliorer les relations et créer du lien, induisent d’être au cœur des changements de l’entreprise.

L’objectif est de veiller à ce qu’aucun obstacle ne puisse entraver le travail des salariés. Le CHO aura ainsi à intervenir sur des points stratégiques comme les nouveaux outils (digitaux surtout), les horaires, la mobilité (télétravail), mais aussi sur des sujets sensibles comme l’optimisation du parcours individuel en entreprise, des entretiens de motivation, la cohésion d’équipe, le coaching…

Pour fédérer, il a aussi comme mission d’organiser des activités amusantes : par exemple des ateliers de créativité, des concours internes, des happy hours… On peut aussi lui demander la mise en place de services spécifiques comme des abonnements fitness ou de la conciergerie…

Le CHO est à la fois un super-communicant maîtrisant l’événementiel, le dialogue autour de la machine à café, mais aussi un relais, un médiateur, ou encore une nounou, voire un psy...

Et pour de vrai ?

Cela semble être un métier de rêve, n'est-ce pas ?

En réalité, c'est un métier hyper exigeant, qui nécessite de grandes compétences humaines, une bonne humeur au quotidien, de l'enthousiasme à revendre, bref une capacité spéciale à inspirer du bonheur chez les autres ; ce qui n'est pas donné à tout le monde !

Et si le métier s'est de plus en plus répandu en France ces dernières années, comme en témoignent les ateliers de partage d'expériences qui se développent un peu partout en région, il y a encore peu d'élus au poste.

Au même titre que le phénomène de libération de l'entreprise, entendez :

"effacement de la hiérarchie pour l'expression des salariés au bénéfice de l'entreprise",

l'intérêt pour le bien-être au travail, même s'il est de plus en plus évident, a du mal à se concrétiser en entreprise, par d'autres choses que des apéros ou des cours de yoga.

A cela s'ajoute la remise en question du mode de management des entreprises, et donc de toute l'organisation du travail...

 

Article rédigé par Delphine PICHARD - ENTRE2SPORT

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